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Retour d’expérience, le camp Tapori d’août 2012

Imaginez un groupe de 12 enfants ayant entre 7 et 13 ans. Imaginez 3 tentes quechua plantées dans un pâturage, les quelques chevrettes du coin, gentiment gardées dans leur enclos, regardant, malicieuses, les allées et venues de tous ces fous d’humains, levés à 7h, courant en riant ou en pleurant, la brosse à la main ou déguisés en princes étonnants. Nous sommes dans la Creuse, sur les Terres de Vasi Jeunes, association soutenue par un Groupement Agricole d’Exploitation en Commun. Les jeunes, « repérés » par des volontaires de l’association ATD Quart Monde, viennent du XVIème arrondissement de Paris, de la banlieue parisienne, d’un village perdu dans les Vosges ou du quartier des Rosiers à Marseille. Ils ont vécu tous ensemble une semaine belle, solidaire, pleine de vie, de rires, de découvertes, d’émotions, et surtout exempte de violence.

Le lien qui se tissait entre ces jeunes au fur et à mesure des journées de camp était palpable, impressionnant. Cela s’est ressenti à chaque moment de la vie du camp, au sein des équipes de « services » : cuisine, vaisselle, table…, lors des sketchs journaliers rappelant les points forts de la veille, pendant la participation enthousiaste à l’ensemble des activités d’après-midi, tout comme dans le déroulement des matinées destinées au Kamishibaï. Mon intervention consistait à faire écrire par le groupe leur histoire, qu’ils rapporteraient à la fin du week end. Pendant 2h chaque jour, l’histoire s’est façonnée, les dessins se sont précisés. Cela a donné un livret d’une dizaine de pages, avec une petite marionnette, qu’ils ont présenté lors du spectacle de fin de séjour. Chacun est reparti avec un exemplaire qu’il pourra mettre en couleur avec ses amis avant de leur faire découvrir avec le texte. Pendant la représentation publique, les 12 enfants, massés autour du petit théâtre, étaient concentrés mais heureux, ils se suivaient des yeux, se répondant comme le prévoyait l’histoire, arborant des sourires jusqu’aux oreilles. On sentait qu’ils se faisaient confiance et qu’ils étaient fiers de donner cette représentation tous ensemble.

Au départ ils m’ont raconté une histoire qu’on leur avait contée deux jours auparavant. Avec les éléments qu’ils avaient retenus, réinterprétés ou redessiné, une première trame d’histoire a vu le jour. Peu à peu, cette trame s’est étoffée, au fil des expériences vécues ensemble, des idées des uns, des témoignages des autres. Ils ont réfléchi au sens de la Paix, comme ils l’ont vécu pendant cette semaine. Leur participation à ce camp présupposait l’acceptation des valeurs Tapori : partage, entraide, tous ensemble, amitié… Finalement, malgré la fatigue accumulée, l’intensité et l’enchainement des activités, les réveils matinaux et les couchers difficiles, tous les enfants ont systématiquement privilégié le groupe.

Le sentiment général à la fin de cette semaine est que le camp a été une expérience « super géniale », que la Creuse est « le plus bel endroit au monde », et que notre seule envie est « de se retrouver très vite avec le même groupe au même endroit ».

Les « reporters » du jour retracent quelques événements de la veille avec humour.
Chaque jour on fait le point sur l’avancée de l’histoire.
Les uns ont besoin de leur intimité pour créer...
Les autres de leur confort...
Mais tout le monde est concentré !
Sans oublier sa place du jour dans les équipes : cuisine, vaisselle, préparation de la table.
Tout le monde derrière pour raconter, sauf Jessy, qui manipule sa marionnette.
Après la représentation, quoi de mieux qu’un bon barbecue avec marshmallows ? Miam !

Personnellement j’y ai découvert la capacité des enfants à profiter de l’espace de « démocratie » qu’on peut leur ouvrir, quand les règles sont claires, quand les devoirs sont compris et les droits respectés, leur facilité à vivre joyeusement, tous ensemble, en se préoccupant du bien-être de chacun et du groupe. Elodie