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9 novembre 2012 - Journée sur le thème de la châtaigne et du châtaignier

Le 9 novembre dernier, nous avons reçu à Camplong les jeunes de 3 à 12 ans du centre de loisirs de Bédarieux, « la Ferme des enfants ». Ils avaient « commandé » une journée autour de la châtaigne à la Maison Cévenole, et GreenBees a été associée à l’événement. Le matin les jeunes ont été divisés en plusieurs groupes, les plus petits sont allés ramasser des châtaignes et les éléments issus du châtaignier, et dire bonjour à des ânes. Les plus grands ont parcouru le village, interviewé des habitants, avant de s’enfoncer eux aussi dans la châtaigneraie pour réaliser du « Land Art ».

L’aventure des maternelles :

Sur le chemin des châtaigniers, rencontre avec un âne.
Quel trésor se cache dans cette bogue piquante ?
A la recherche des éléments du châtaignier.
Le trésor ramassé, on va pouvoir commencer à inventer.
Une composition feuillue très réussie.
Nid douillet pour escargot imaginé.

La quête des primaires, pour découvrir les multiples usages du châtaignier :

Rencontre avec Jeannot, qui nous ouvre la porte d’un ancien sécadou...
La porte ouvre sur l’antre du feu, à gauche l’escalier permet d’atteindre le fenestron d’où l’on déverse les châtaignes.
Et la quête continue... au café avec Pierrot et Katell
...à l’épicerie avec Cécile et René
...dans les ruelles du village
...enfin aux abords du village pour tout savoir sur ce fabuleux « arbre à pain ».
On l’étudie...
En long, en large et en hauteur.
Puis on laisse la place à la création et à l’imaginaire, il en sort trois monstres fantasques :

A partir des balades, impressions, découvertes et expressions de cette journée va naître de l’esprit multiple de ce groupe de jeunes de Bédarieux une histoire folle, drôle, surréaliste, et généreuse.

Découvrez la :

BIROULADE ET LE MONSTRE

Il était une fois, au village de Camplong, un jeune garçon qu’on appelait Biroulade, parce qu’il était né dans un sécadou. Plus tard il était allé s’installer dans une cabane en haut d’un vieux châtaignier. Tous les matins il allait à son jardin en passant par la rue de Pompon. Ce jour-là, il décida de faire un tour en haut du village, et il traversa avec beaucoup d’entrain le square des gueules noires. Il était là à siffloter quand il fut arrêté net par une étrange vision :
- "Du sang sur une porte !"

Et ce n’était pas quelques traces par-ci par-là, c’était un fleuve de sang qui se mit à déborder de la porte, à débouler dans la rue. Certainement dans un moment ce sera l’Espaze qui sera toute rouge. Biroulade n’en croyait pas ses yeux, son cœur battait à tout rompre. Il commença à rebrousser chemin en tremblant, quand il heurta un âne conduit par un énorme monstre et qui, comble de l’horreur, transportait sur son dos… un cadavre ! Le cadavre d’un homme traversé de part en part par un énorme piquet de vigne en châtaignier. Cette nuit là avait pourtant commencé bien tranquillement pour le monstre, bien connu et bien aimé à Camplong. C ‘était un monstre-châtaignier, avec des énormes cheveux en fougères, des yeux en châtaignes et des membres trapus, en branches de châtaigniers. Ce monstre se nourrissait exclusivement de limaces. Plus elles étaient grosses et colorées, plus elles lui plaisaient. Tous les enfants du village le savaient et lui réservaient leurs plus belles trouvailles. Notre ami limaçovore avait entamé une limace rouge vif, très gouteuse. Il avait oublié que cette nuit-là, c’était la nuit d’Halloween. Le diable qui passait par là s’ennuyait terriblement. A la vue de notre bonhomme, il eut une idée diabolique. Il s’élança et la forêt étonnée vit grossir des antennes horribles à notre monstre, terminées par des grosses bogues de châtaignes. Ses yeux se révulsèrent, leur iris se déforma en amande. Le diable en personne avait pris possession du corps du pauvre monstre limaçovore. A partir de cet instant, le monstre ne contrôla plus rien.

Quand Jeannot passa par le haut du square des gueules noires ce soir-là, le pauvre monstre ne put que s’observer en train de prendre un piquet de vigne qui trainait et attaquer sauvagement Jeannot, qui avait à peine 97 ans et en avait donc encore au moins 203 autres à vivre.

Après son terrible meurtre, le monstre, tout tremblant, voulut se débarrasser des taches de sang, il courut à la fontaine pour se rincer. Ce soir-là celle-ci, comme tout le reste, avait été envahie par les morts-vivants qui y prenaient leur bain annuel. Fort heureusement à Camplong, les morts vivants étaient bien gentils. Quand il vit débouler le monstre avec ses grosses pattes toutes tremblantes, le chef de la bande de morts-vivants prit pitié de lui. Il sortit de l’eau et lui demanda :
- "Mais que t’arrive-t-il, mon ami ?"

Le monstre n’avait jamais vu de mort vivant et n’en menait pas large. Il prit son courage à deux mains et annonça :
- "J’ai tué mon ami Jeannot, mais je ne l’ai pas fait exprès, je n’ai pas pu m’en empêcher."

Le mort-vivant réfléchit un instant :
- "Voyons voir, c’est bien fâcheux ce qu’il t’arrive. Ça ressemble fort à une diablerie… écoute-moi, mon brave monstre, moi je suis un mort vivant, je sais comment ramener les morts à la vie, je vais essayer de t’aider. Si tu veux que Jeannot reprenne goût à la vie, rassemble le plus de châtaignons que tu peux et tu lui feras avaler. Normalement ça devrait faire l’affaire, tu t’es déjà repenti, c’est le plus important."

Et le pauvre monstre se mit à courir en tous sens, passant par tous les sécadous, pour y demander des châtaignons, après avoir installé Jeannot sur un âne. C’est ainsi que Biroulade les rencontra. Il suivit alors l’âne, et aida le monstre à chercher des châtaignons, que celui-ci enfournait dans la bouche de Jeannot. Au bout d’un moment, après avoir avalé des kilos de châtaignons, Jeannot reprit peu à peu des couleurs. Puis il dit :
- "Mon limaçovore, c’est donc toi qui m’as sauvé la vie ?"
- "Oui, mais c’est aussi moi qui t’avais tué ! mais je n’y étais pour rien dans cette histoire ! j’ai été possédé par le diable !"

L’aventure s’étant finalement bien terminée, Jeannot et Biroulade allèrent prendre un café bien mérité au Grand Café, et le monstre limaçovore se réinstalla confortablement sur un bon tapis de feuilles, et se remit tranquillement à la dégustation de sa splendide limace rouge.

Fin